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La légitimité de la "position" de l'Occident sur le dossier Zimbabwe

Le président Mugabe et son entourage ont failli; cela est sûr et certain: les conditions de vie des populations de ce pays le démontrent à suffisance. Mais, le vrai dilemme a été soulevé par Mugabe lui-même à ses pairs au dernier sommet de l'Union Africaine en Egypte: "Il y a ici des pays dont les élections présidentielles se sont moins bien passées que chez nous". Cela aussi est une évidence!

Alors, on pourrait être en droit de se poser la question de savoir objectivement pourquoi le courroux de l'Occident contre les dirigeants de ce pays qui agissent quasiment comme la majorité des dirigeants des autres pays africains.

Quand on entend la France donner de la voix pour indiquer aux dirigeants africains, réunis à Charm el cheïkh, ce qui serait inacceptable pour l'Union Européenne dans ce dossier, on a le soufle coupé; car, la même France vient de donner une prime à Lansana Conté (en ennulant sa dette bilatérale), après que celui-ci ait fait abattre plus de 200 civils en Février 2007 par son bataillon de sécurité (que l‘Élysée lui avait aidé à mettre en place), et juste après qu’il ait publié le décret ayant ouvertement violé les accords instituant le gouvernement de consensus dirigé par Lansana Kouyaté.

La raison pour laquelle les media occidentaux (particulièrement la BBC) s'acharnent sur les dirigeants du Zmbabwe est connue de tous: on ne les pardonne pas d'avoir retirer les meilleures terres agricoles des mains des colons blancs.

Sans quoi, ils auraient continué à tuer des civils innocents et à gagner des élections truquées comme au Soudan, au Kénya, en Guinée, au Tchad, ..., sans que cela n'empêche personne de dormir.

Alors, de grâce, un peu de pudeur!

Soit on est pour les règles démocratiques, auquel cas, on les applique envers et contre tous; ou bien on ne l'est pas, alors, on ferme les yeux et le reste à l'endroit de tout le monde sans exception.


Diallo Saifoulaye
Conakry Pour la radio-kankan